« Comment perdre ses illusions »

20/12/2013 Bonjour à toutes et à tous,

Tétines
Tétines

J’ai cru que j’avais mal vu.

Vous savez, des fois, en passant, vos yeux captent des mots, une phrase, et 30 secondes après, le temps que ça monte au cerveau, vous comprenez ce que vous venez de lire machinalement.

Moi, j’avais bien vu la cabane du Père Noël et ce dernier qui se baladait dans le magasin en train de traquer des enfants pour leur tirer le portrait.

Normal, sa cabane était tout aussi moche que d’habitude.

Lui, il faisait toujours pitié avec ses grosses mains croisées sur son gros ventre et toujours peur aux enfants qu’il essayait d’approcher.

Tout était normal vous dis-je.

Sauf que, devant sa cahute, il y avait une petite boîte décorée, avec une fente pour y glisser des dessins, c’était écrit dessus.

Bon ça aussi, ça a toujours existé, le dessin, la lettre pour le Père Noël.

Sauf que j’ai cru avoir lu autre chose…

Je suis revenue en arrière pour confirmer mon doute, c’était bien écrit TÉTINES pour de vrai, en plus de dessins !

Ah, j’ai compris que les enfants devaient aussi y glisser leurs tétines.

Beurk quand il ouvre la boîte en fin de journée, le Père-Noël…

Comment perdre ses illusions, quand on a 5 ou 6 ans ?

Tempête sous un crâne le jour où vous apprenez que le Père Noël n’existe pas.

Et qu’en plus c’est un voleur de tétines.

Sans doute que oui, ça se confirme pour beaucoup comme ça les premiers souvenirs d’illusions perdues.

Perdues les illusions de toute puissance, de maître du monde, de vie égo-centrée, de bonheur béat et de long fleuve tranquille…

Mais l’inventaire des illusions perdues ne commence t-il pas à la naissance, lorsque l’on quitte l’univers doux, chaud et rassurant du ventre de maman ?

Alors finalement, quand on a déjà expérimenté pas mal la vie et qu’on s’est débarrassé de bien des illusions, on doit se sentir de plus en plus léger, peut-être une sensation proche de la sérénité ?

Et si chercher obsessionnellement à perdre des kilos durant toute une vie c’était simplement… une métaphore ?

Chercher à perdre le poids de ses illusions, de ses rêves d’enfant par exemple ?

Lâcher, lâcher, lâcher, et regarder le sablier se vider au fur et à mesure que le temps avance.

Et que l’on ne peut pas retenir…

Alors pourquoi ne pas mettre dans le stand du Père Noël, à hauteur d’homme, une boîte pour y recueillir toutes les illusions perdues d’adultes ?

Adieu Prince charmant, Fée clochette, Princesse Aurore, Blanche-neige, Petite sirène, Chat botté, Capitaine crochet, Magicien d’Oz, Boucle d’or… et Père Noël !

Bien à vous,

Isabelle

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