« Des idées par millier, Mode d’emploi »

02/12/2013 Bonjour à toutes et à tous,

Dominique Meda et Thimothy Mitchell
Dominique Meda et Thimothy Mitchell

J’aurais aimé tout écouter et tout voir tant l’initiative était porteuse d’une extraordinaire énergie !

Mais il me fallait bien faire des choix dans la palette de débats et de performances que proposait le deuxième Festival Mode d’Emploi de la région Rhône Alpes.

Inspiré par l’esprit des Lumières, ce rendez-vous unique en Europe, initié par la Villa Gillet en partenariat avec des lieux publics, des artistes, des chercheurs, des philosophes, se proposait de mettre en ébullition tous les ingrédients pour partager des idées par millier, dans l’idée de participer à une société de progrès et d’égalité. 

Le thème du débat La transition écologique : réinventer le travail ? sonnait comme un bel espoir face de la crise qui s’installe durablement et oblige à inventer d’autres formes de possibles que ceux dictés par une croissance que l’on imaginait, il y a  encore peu, exponentielle…

Que ce soit énergétique, social, intellectuel, économique, émergent de nouvelles pensées, de nouveaux comportements, le propre de l’homme n’a t’il pas toujours été de s’adapter pour vivre ?

Est-ce la fin d’une société basée sur le travail, unique facteur de croissance que l’on veut nous rendre incontournable  ?

Dans les années 30-40, personne ne parlait de croissance, le PIB était un terme qui n’existait pas en économie.

Ensuite il a dirigé le monde en maître incontournable, référent mondial dont les propres inventeurs seraient sidérés par l’emploi qu’on fait de lui actuellement.

Hôtel de région
Hôtel de région

Et maintenant ses données même sont remises en cause, parce qu’elles ne prennent pas en compte des valeurs actuelles comme la maladie et les dépenses de santé inhérentes, de plus en plus lourdes dans le budget, les loisirs, le temps passé au foyer…

La méfiance se dessine face aux dictats d’économistes entretenant des liens très étroits avec le monde de la finance et ne se référant qu’à des valeurs marchandes, sans même prendre en compte la qualité des marchandises.

Le modèle de produire plus pour vendre plus est écorné, il y a une prise de conscience quant à la manière de produire.

Ainsi en pleine ville de New York, s’est créé un marché uniquement de producteurs, autour, l’agriculture est revenue en masse, la Transition écologique est aussi sociale et économique.

La démonstration flagrante en est le récent scandale du gaz de schiste, parce qu’il faut toujours trouver de nouveaux moyens de spéculer, de nouvelles sources de profit, et que ce nouveau domaine de spéculation est plus juteux que celui de la culture intensive du maïs, de la spéculation des terres…

Si autrefois la vie démocratique et sociale s’articulait hors de toute spéculation financière, c’est maintenant celle-ci qui régit les systèmes monétaires jusqu’à leur effondrement qui a produit de la dette…et fait le lit aussi du fascisme.

Et s’installe la spirale prêt, dette… contrôlés par le FMI et la Banque mondiale, plus de doute possible le monde économique est dominé par la finance.

Pollution
Pollution

On pense à court terme depuis des décennies, avançant à l’aveuglette, pillant les ressources naturelles, épuisant la terre, polluant la planète…

Le pic pétrolier de 2005 est largement nié par une cohorte d’économistes, protégé par la confidentialité, comment se seraient-ils trompés, comment leurs prévisions ne pourraient être fiables  ???

Ainsi, après guerre, on estimait que les dépenses militaires, pour construire des tanks par exemple, étaient formidables !

Maintenant, il est impératif de repenser à long terme les dépenses énergétiques engagées dans des investissements dangereux et polluants, non renouvelables, mais ces idées nouvelles vont à contre-courant des objectifs de financiers qui veulent des investissements rentables à court terme, sans autre considération.

C’est pour cela qu’on privilégie l’investissement dans le gaz de schiste plutôt que dans les énergies renouvelables.

Et il s’il y a de plus en plus d’argent dans les banques, il y a aussi de plus en plus de gens pauvres, car plus il y a de l’argent dans les banques, moins il y en a dans les foyers.

Et les pauvres paient les frais des plus riches qui détruisent la planète, l’OMS vient même de déclarer que l’air que nous respirons est cancérigène….

Climat
Climat

D’ailleurs quand la terre sera entièrement polluée et invivable, qui peut se réserver le privilège d’aller vivre et polluer d’autres planètes ?

Autrefois la richesse impliquait la vie privée des gens fortunés, et les mettait en péril pour la protéger, à cause des grèves ouvrières dans leurs usines, par exemple.

Les gens étaient vulnérables parce que leur enrichissement passait par la vie, par les mains de gens très ordinaires.

Mais maintenant que tout est papier, placé dans des produits financiers, trading et autres, l’illusion et le sentiment sont parfaits pour ne plus mettre la vie privée des gens fortunés en danger…

Et depuis l’arrivée de la crise en 2008, qu’est ce qui a changé à l’aube de 2014 ?

Le discours qui nie le changement climatique, dérangeant la logique ambiante, n’est-il pas animé que par un souci financier ?

Les entreprises sont-elles plus préoccupées par le bénéfice que par le pétrole ?

Mettre en place des normes et des contraintes sociales, environnementales par les politiques, assorties de sanctions, pour obliger une Transition en rupture avec les modèles existants, serait-ce l’ébauche d’une première solution ?

Eolienne
Eolienne

Mais du courage, en politique comme dans la vie de chacun, pour faire face à la crise actuelle, il en faut pour oser modifier des habitudes.

Pour les jeunes, le travail, notamment n’est plus l’unique valeur de référence pour sa réalisation personnelle, faut-il entrevoir un changement dans cette idéologie implacable ?

Mais fidèle à mes idées je reste optimiste, parce que ce sont toujours les petits ruisseaux qui font les grandes rivières !

Bien à vous,

Isabelle

Avec Dominique Méda, France, sociologue et philosophe, professeure de sociologie à Paris Dauphine, Timothy Mitchell, Etats-Unis, politologue spécialiste de l’économie politique du Moyen-Orient, professeur à Columbia University, Lucile Schmid, France, femme politique EELV, débat animé par Cécile Daumas, journaliste à Libération.

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