Nous toutes qui avons fui un jour - Crédit photo izart.fr
Nous toutes qui avons fui un jour - Crédit photo izart.fr

“Nous toutes qui avons fui un jour”

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05/03/2020 Bonjour à toutes et à tous,

Pourquoi je me sens tant solidaire de mes sœurs d’armes qui ont parlé et agi, avant, pendant et après cette dernière des Césars ?

Parce que moi aussi j’ai fait partie du lot de celles, de Nous toutes qui avons fui un jour.

Fuir la violence.

Fuir la violence, protéger mes enfants, avant qu’arrive un drame.

Fuir aussi pour qu’ils n’aient pas la vie gâchée à tout jamais par un manipulateur dangereusement pathologique.

Fuir avant qu’ils ne se retrouvent un jour orphelins de mère, ou inversement…

Evadée avec mes enfants… écrit dans un témoignage une autre femme fuyant les violences.

Oui, évadée, c’est exactement ce que l’on ressent quand on fuit l’emprise d’un tyran.

Ouvrez bien les yeux autour de vous, souvent il n’y a même pas de signes avant-coureurs

Oui, car on souffre en silence quand la peur régit le quotidien, tissant, telle une araignée, sa toile mortifère.

Peur des pressions, peur des menaces, peur des insinuations, peur des reproches, peur des représailles, peur du chantage réitérés à huis clos.

Pourvu que les ami·e·s ne sachent pas, pourvu que l’école ne sache pas, pourvu que la famille ne sache pas ce que je suis devenue.

Et puis d’ailleurs qui le croirait ???

La peur/la honte même combat, honte d’être tombée si bas, honte d’être ainsi manipulée, honte de céder à la peur.

Quant au harcèlement moral, au harcèlement physique, au harcèlement sexuel, ils feront de toi une merde.

Pendant ce temps, le prédateur dans toute sa splendeur affichera toujours bonne figure et brillera en société.

Les beaux parleurs, les beaux flatteurs, les beaux abuseurs, les beaux accrocheurs, les beaux agresseurs, même technique d’épandage…

Tu survis exactement comme une prisonnière qui se prend à guetter le jour où elle pourra lui fausser compagnie et s’enfuir.

Généralement ça se passe du jour au lendemain, sans préméditation.

Parce que ce jour-là tu te sens assez forte pour franchir le pas sans réfléchir… instinct de survie.

Sans réfléchir et surtout sans la peur qui te collait à la peau, une minute avant encore.

Libre, je n’ai plus peur, je n’aurai plus jamais peur !

Ça y est, la peur change enfin de camp, la peur change de visage.

Encore merci et bravo Florence Foresti, Adèle Haenel, Céline Sciamma, Noémie Merlant, Leïla Slimani.

Aujourd’hui j’acclame en plus Virginie Despentes, bravo les lyonnaises pour cet élan de sororité !

Oui, nous toutes on se (re)lève et on se barre 💪💪💪

Bien à vous,

Isabelle

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