Fraîcheur
Fraîcheur
Vous avez aimé :
[Total : 1   Moyenne : 5/5]

« Une jeune fille en pleurs »

25/10/2015 Bonjour à toutes et à tous,

Lorsque j’ai entendu un bruit de chasse d’eau dans la salle de bain, je n’ai pas pu m’empêcher de lancer un retentissant :

« – Oubliez pas de refermer le robinet après usage, MERCIIII !!!! »

Certes, cela fait quelque temps déjà qu’on a des problèmes de fuites.

Et on les règle par conséquent en fermant le robinet après usage, en attendant que…

Bon, sauf que lorsque je suis sortie de ma chambre, j’ai aperçu une longue et mince silhouette dans l’entrebâillement de la porte.

Ah, il ne semble pas que ce soit un des drôles de cette maison qui émerge…

Sur la table de la cuisine, il y avait certes un petit mot posé bien en vue.

J’ai une amie qui dort là ce soir, elle n’a pas pu rentrer.

Entre temps ils ont du rentrer, et entre temps, je ne suis pas redescendue, et entre temps on s’est croisé…

Elle se prépare rapidement, tout en cherchant son téléphone.

Après un petit bonjour et sans déjeuner, elle se renseigne à présent sur les horaires de bus.

« – Je descends en ville dans 10 mn, si tu veux, je t’emmène ?
– Ah ben je veux bien, merci ! »

Elle s’excuse enfin d’avoir dérangé et dormi à la maison.

Mais il n’y avait personne pour la ramener après la soirée, surtout qu’elle habite à Pétaouchnok

Et en outre, elle pensait renouer avec son petit ami et dormir chez lui.

Sauf que ses amis lui ont fortement déconseillé d’y croire.

Y’avait précisément une autre fille dans le lit dudit garçon ce soir-là…

D’ailleurs, paraît qu’à la soirée elle a pleuré.

Ce sont les autres qui lui ont raconté, elle ne s’en rappelle même plus.

« – Et puis je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça…
– …
– Ma mère, elle me dit que je suis méchante.
– ???
– Un jour, à table, devant tout le monde, elle m’a dit que c’était pas la peine de croire qu’il allait m’arriver quelque chose de bien dans ma vie…
– Oh…
– Et là, je lui ai répondu pour la première fois…
Je lui ai dit que ça suffisait de me dévaloriser comme ça depuis toute petite ! »

Une jeune fille en pleurs qui s’exprime si pathétiquement, comme j’ai de la peine pour elle…

Elle a toujours manqué de confiance dans la vie, dans ses actes, dans ses amours, me raconte t-elle encore.

Et à présent elle est presque au bord de la crise de nerfs…

Soudain, elle fait un petit calcul qui ne manque pas de m’étonner.

« – J’ai rencontré mon premier copain lorsque j’avais 15 ans.
– Ok
– Et maintenant, j’en ai 22, cela fait donc 8 ans que je n’ai toujours pas de relation stable.
– Ok
– Comme je voudrais avoir des enfants autour de la trentaine, il me reste donc exactement le même temps pour rencontrer le père, ça ne fait pas beaucoup… »

Je ne savais pas que les jeunes filles du XXIème croyaient encore au prince charmant

Comme je lui faisais remarquer cela avec tact, elle me répondit si !

Elle l’a rencontré en Australie, quand elle a vécu là-bas !

Et qu’il lui a appris la méditation, et à se trouver belle dans son regard, et à être positive face à elle-même !

« – Mais alors fonce, reprends contact et retourne le voir, puisque tu sais ! lui répondis-je aussitôt »

Elle est devenue soudain lumineuse et joyeuse en parlant de lui.

« – Il y a tellement de gens qui n’ont pas réglé leurs problèmes et qui comptent sur les autres pour le faire, faut pas leur en vouloir »
– Quand je suis rentrée en France, j’étais triste mais j’ai pensé l’oublier avec le temps…
– …
– Puis j’ai rencontré quelqu’un d’autre, mais rien ne va plus dans ma vie, j’en ai marre de me planter à chaque fois ! »

J’ai fait un écart par rapport à mon itinéraire pour la déposer au métro.

Et maintenant je vais surtout être en retard à mon rendez-vous, mais bon…

« – Au fait, excuse-moi d’avoir crié ce matin à propos du robinet, j’ai cru que c’était l’un de mes kids, ils zappent souvent…
– Pas grave, j’ai bien vu que ça coulait pas, alors j’ai ouvert le robinet pour remplir le réservoir et après j’ai refermé, c’est pas compliqué ! »

Ben non, c’est vraiment pas compliqué ça.

Certes moins compliqué que la gestion de l’horloge biologique.

Car enfin chaque femme qui a un désir d’enfant sait qu’un jour elle sera confrontée au fait de ne plus pouvoir y répondre.

Tandis qu’elle claque la portière, je lui fais un petit signe de la main.

« – Tu es une belle personne, va au bout de tes désirs ! »

Elle me regarde de ses yeux pétillants et s’engouffre dans la bouche de métro.

Bien à vous,

Isabelle

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.