« Et maintenant, on fait quoi ? »

13/01/2015 Bonjour à toutes et à tous,

Caborne d'Antoine
Caborne d’Antoine

Je rentrais du chantier de pierres sèches cet après-midi, tout en me réjouissant de ce bon moment passé à restaurer le patrimoine du Mont d’Or, en compagnie de personnes avec lesquelles je partage tant d’affinités.

Dans cette équipe si disparate, deux femmes, une douzaine d’hommes, l’âge des participants varie entre 82 ans pour le doyen, Pierre, qui nous a quittés subitement la semaine dernière, et la trentaine pour certains autres.

Et tout fonctionne merveilleusement bien !

Comme se plaît à le rappeler André, notre président-coordinateur-restaurateur-défricheur-éclaireur-bâtisseur-préféré, nous travaillons tous ensemble, et sommes d’heureux bénévoles, fiers de ce travail d’équipe, qui porte ses fruits lentement mais sûrement.

Cela a déjà fait l’objet de quelques Petite chronique, il y a tant à dire !

Voilà que j’entends sur les ondes, le nouveau mot d’ordre qui arrive après le rassemblement #JeSuisCharlie de ce dimanche : #EtMaintenantOnFaitQuoi ?

Et à ce moment, je repense aux arbres du bois, aux grands arbres qui se balancent sous le vent en grinçant.

Quel décalage entre eux qui poussent en silence et quasiment inaperçus et l’agitation du monde ces derniers jours…

Faire, faire, faire.

Le monde végétal pousse sans bruit et avec des mouvements imperceptibles à nos yeux d’agités de la planète.

Caborne Berger
Caborne Berger

Depuis quand ne vous êtes-vous pas arrêtés devant un arbre pour admirer et apprécier la compagnie de cette respectueuse création de la nature ?

Ah oui, bien sûr un arbre ne vous pénètre pas de ses yeux, ne vous charme pas de son chant, ou ne se signale pas par des traces ou un quelconque déplacement…

Et maintenant on fait quoi ?

Aujourd’hui est un autre jour, comme Charlie d’avant et Charlie d’après.

S’arrêter sous un arbre et tout reprendre à zéro.

Redevenir des êtres vivants, au milieu d’autres êtres vivants, nos égaux au regard de la nature.

Reprendre contact avec nos racines, reprendre contact avec la terre, avec le ciel, la pluie et le soleil, redevenir des êtres sensibles.

Stop ! Aujourd’hui je suis vivante, demain je suis morte.

Balayée par une rafale de kalachnikov.

Ou sous les assauts d’une tronçonneuse.

L’homme se plait, se plaint, se perd, se cherche, se venge, se tue aussi.

L’arbre pousse et tombe, tué par l‘homme.

C’est tout.

Caborne Vincent
Caborne Vincent

Et qui sait si, autour de lui, tout le bois n’entend pas son grand cri de mort ?

Un arbre n’a jamais attenté à la vie d’un de ses semblables.

Chacun pousse là où il peut, comme il peut.

A quand l’enseignement, dans les écoles, de nos semblables, êtres vivants de tous les règnes, élevés au même rang que celui de l’homme ?

L’homme tué par l’homme, baisse le front et rencontre la terre et les pierres et la mousse.

« – Ah, je vous avais oubliées… et déjà j’y retourne.

Que n’aviez-vous pas encore eu le temps de me dire ?

Que n’avions-nous pas encore eu le temps de nous dire ?

Maintenant,  j’ai tout mon temps ! »

Bien à vous,

Isabelle

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