Petite chronique « Requiem pour un chien…

« Requiem pour un chien »

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28/03/2023 Bonjour à toutes et à tous,

Requiem pour un chien - Crédit photo izart.fr
Requiem pour un chien – Crédit photo izart.fr

Requiem pour un chien.

Pour un chien de rien du tout qui n’avait rien demandé à personne, surtout pas à naître dans la jungle humaine.

Requiem pour un chien qui m’avait adoptée, rappelez-vous, sur le parking d’un magasin et pour lequel j’ai fait de mon mieux.

Faire de mon mieux, c’est une phrase qui m’habite au quotidien, et à Auroville encore plus que nulle part ailleurs.

J’ai fait de mon mieux pour mon semblable, moche comme on a dit de toi, couvert de croûtes et de verrues.

Mais personne d’autre que toi ne saura ce que nous nous sommes apportés.

Ton dernier regard confiant, couché sur sol à mes pieds, la bouche en sang, mes paroles rassurantes, je t’aurai accompagné jusqu’au bout.

Tu étais mon copain, le premier à venir me saluer quand j’arrivais, en te léchant les babines, tu parles, pas folle la bête !

Mon grand copain tu quittes donc ce monde de brutes auquel tu avais survécu jusqu’à un âge honorable.

Vieillir, une chose rare pour les chiens de la rue comme toi, mais pas vraiment un privilège.

D’ailleurs, on ne saura sans doute jamais le vrai du faux, ce qu’il t’est réellement arrivé ni dans quelles circonstances, mais des gens savent.

La seule certitude c’est qu’un humain t’a battu à mort, aucun doute là-dessus.

C’est le lendemain que j’ai découvert l’horreur de cette barbarie.

Et te voyant enfin arriver vers moi, au bout d’un moment, la gueule complètement éclatée, titubant, les yeux voilés et les pattes maculées de boue et de sang, j’ai failli hurler.

J’ai failli hurler de douleur pour toi qui ne disait rien, te laissant juste choir à mes pieds, alors que des filets rouges couraient sur le sol.

Mon ami chien, avant que la voiture ne t’emmène à l’hôpital, je t’aurai murmuré jusqu’au dernier moment des mots d’amour et d’affection.

J’ai appris dans la soirée qu’il était trop tard pour toi.

Déjà trop tard.

Bien à vous,

Isabelle

Isabelle alias Mam's
https://izart.fr
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2 comments

  • Je vais vomir… C’est monstrueux. Et d’autant plus monstrueux à AV.
    Ceci étant dit, j’ai vu de mes yeux, autrefois, des types du JCB foncer délibérément sur des amis (chiens) à moi, qui cheminaient en bord de route en direction du MM. Ce jour-là ils les avaient ratés. Ça va être de pire en pire pour tous ces pauvres chiens d’AV. On n’a rien fait pour eux, alors qu’il aurait été absolument faisable de limiter et sécuriser la population existante. Bref… En tout cas, je suis « heureuse » qu’il ait pu te revoir avant de mourir, et qu’il semble être parti relativement en paix.
    Je t’embrasse… Hauts les coeurs !

    1. Oui c’est monstrueux, et d’autant plus comme tu dis que nous sommes à Auroville. Mais la conscience n’est pas encire montée à tous les étages…
      J’ai pu le revoir mais malheureusement bien incapable de lui venir en aide, le mal était fait. Je l’ai accompagné et compati à sa douleur du mieux possible. Du coup, j’ai aussi compris pourquoi j’étais malade – tu te souviens sans doute de ces soudains « mal être » – tout le dimanche jusqu’au lundi matin où je l’ai découvert.

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