Pense à celui qui a planté l’arbre - Crédit photo izart.fr
Pense à celui qui a planté l’arbre - Crédit photo izart.fr

“Pense à celui qui a planté l’arbre”

26/01/2016 Bonjour à toutes et à tous,

Pense à celui qui a planté l’arbre dont tu manges les fruits. Proverbe vietnamien.

J’ai étudié les lunes, et puis j’ai dit à S. on creuse dimanche, et on plante lundi.

Dimanche donc, on n’a pas chômé, après que S. eût testé le terrain aux baguettes pour choisir les meilleurs emplacements.

Après, restait à arracher des arbustes pour libérer certains espaces, et à faire les trous.

Heureusement, le temps était magnifique avec ce beau soleil et 10° au thermomètre.

Mieux que si la terre avait été gelée…

Ensuite, nous avons couvert les trous pour que le sol ne se refroidisse pas en profondeur.

Car le matin même c’était bien blanc.

Et puis lundi après-midi, j’ai commencé un dialogue avec mes arbres, tout en les extrayant du jardin.

L’abricotier, puis le figuier, puis la vigne allemande, la vigne italienne

Je leur ai promis qu’ils allaient rester ensemble, que là-bas la terre était aussi très bonne et le terrain spacieux, même plus qu’ici.

Qu’après ils ne bougeraient plus jamais de place.

Et que je les remettais entre de bonnes mains en toute confiance, à un ami de longue date, passionné d’énergies et respectueux de la nature.

Il n’y a que le poirier qui a montré de la résistance.

Après le cerisier, c’était le doyen du jardin.

Venu d’Ardèche il y a une dizaine d’années, il a donc fait là son deuxième déménagement.

Mais ce n’est pas moi qui ait procédé à son extraction, il était trop imposant, j’ai laissé mes amis s’en charger.

C’est B. qui m’a convaincue de le bouger.

En me disant qu’il allait soit prendre un coup de tronçonneuse par quelqu’un d’autre que nous, tôt ou tard.

Soit qu’on devait tenter de le sauver coûte que coûte, en le plantant ailleurs…

Nous avons ensuite commencé à prendre la route, cortège de voitures suivies d’une remorque qui transportait notre précieux butin à la lueur des phares.

Il vaut mieux entreprendre certains voyages de nuit, comme pour les enfants.

Le lendemain, au réveil, ils ont déjà oublié, et découvrent avec des yeux tout neufs 😉

Merci à l’éclairage public qui nous a permis de planter les fruitiers jusqu’à point d’heure.

Je crois que S. a définitivement gagné sa réputation de dingue dans le voisinage.

Bienvenue au club, nous, à la maison, y’a longtemps que nous sommes rentrés dans la catégorie 🙂

Vers 20:00, tous les arbres avaient été mis en terre.

Plus ration de cornaille et Or Brun apportées à chacun selon sa gourmandise, et abondamment arrosés, bien sûr.

J’ai fait alors un dernier tour pour couper proprement les quelques branches abîmées lors du transport.

Au fond du jardin, tandis que nous inspections un horizon inconnu pour moi, devinant quelques lueurs au sommet d’un col bien sombre, un hibou a poussé son cri à plusieurs reprises, bien distinctement.

J’ai senti que les arbres étaient à l’écoute, eux aussi, dans la nuit noire.

Bien à vous,

Isabelle

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