« Amour en herbe, bis repetita »

01/07/2013 Bonjour à toutes et à tous,

Amour en herbe
Amour en herbe

C’est la Fête du Cinéma !

Youpi, je sacrifie mon dimanche après-midi baigné de soleil, programme en poche, contre mon cinéma Art et essai préféré : Les 400 Coups !

Y’a rien à faire, on a beau me dire que pour l’occasion, c’est le même prix dans le multiplexe rutilant du coin, je reste fidèle à mon petit ciné fréquenté toute l’année.

Parce que j’ai horreur de la clim glaciale et des gens qui me grignotent du pop-corn sur la tête durant tout le film.

J’ai pas besoin non plus de sentir les autres, autour de moi, rire ou pleurer ou suer dans le même élan de communion.

Je m’esclaffe toute seule quand j’en ai envie.

Fort, des fois, je m’en fiche.

Et puis j’aime quand on peut se compter sur les doigts de la main dans la salle, ça fait très intimiste, jusqu’au dernier moment je souhaite que nous ne restions que cette poignée, c’est signe de public averti quand il y a une perle à voir sur la toile…

Et pour les émotions c’est mieux aussi parce que, suivant les films, on se sent un peu plus seule, un peu plus triste ou un peu plus larmoyante sans témoin…

Des fois, il y fait presque frais en hiver, tant mieux, on ne risque pas de s’endormir 🙂

Et quand les gens rient dans la salle, ça évite de recevoir leur haleine en pleine poire ou des coups de pied dans le dossier.

L’astuce, c’est de se décaler d’un siège par rang, comme ça il n’y a personne qui bouche la vue du voisin de derrière 😉

Bon, je me suis décidée au dernier moment, j’ai feuilleté sur le net le programme de mon choix en calant les horaires à la suite et hop, tchaooooooooo le soleil, je m’enferme dans les salles obscures pour une paire d’heures !

One woman show
One woman show

Alors si vous aimez l’aventure, avec comme héros deux ados qui découvrent un fugitif planqué sur une île du Mississippi, avec pas trop de méchants, pas trop de sang et des histoires d’amour qui se croisent…MUD, de Jeff Nichols avec Matthew McConaughey et Reese Witherspoon est fait pour vous.

Bon, au début, ça m’a fait penser à Tom Sawyer, vous savez, le p’tit gars du feuilleton initiatique qui passait à la télé en noir et blanc…

Comme je ne suis pas une accro du petit écran – il n’y en a pas à la maison, c’est réglé – cela me permet sans doute d’avoir un regard un peu moins lissé sur les films, parce que la critique des médias, que j’ai parcourue le soir seulement pour confronter nos avis, adulait MUD.

Mais ce film vous mène, en deux heures dix, à travers les relations et les conflits hommes/femmes, les initiations adolescentes, le passé des vétérans, les relations parents/enfants, les bons et les méchants, les forts et les faibles, les innocents et les pourris, les riches et les pauvres, l’argent, le sexe et l’amour…ouf !

Bref, cette impression de survoler tous les thèmes de la vie, comme si pour vendre monter un film il fallait réunir tous les ingrédients répondant à la consommationnite ambiante, me pesait déjà en milieu de projection.

Mais dans le genre réalisateur de cinéma social, je préfère l’authentique Ken Loach, parce que son regard se veut dérangeant et non rassurant.

Jardin d'été
Jardin d’été

Et bien finalement, le fil conducteur de mon choix cinéphile ce dimanche-là, je l’ai trouvé à la fin de la projection du deuxième film, c’était l’Amour !

Ah, l’amour n’est, pas plus que la vie, un long fleuve tranquille (c’est le Mississippi de MUD) !

Comme les belles femmes autour de la soixantaine épanouie (s’épanouissant ?) dans Les beaux jours de Marion Vernoux ; avec Fanny Ardant, Laurent Lafitte, Patrick Chesnay, adapté du roman de Fanny Chesnel Une jeune fille aux cheveux blancs ; sont porteuses de joie malgré des expériences de vie pas toujours faciles !

Fraîcheur et finesse de coeur, de sentiment et de tendresse, alors que démarre, en fin de parcours professionnel, une autre vie, filmée par un regard de femme quelque part dans les embruns de Dunkerque.

Marion Vernoux, dans ce film, réussit la très belle prouesse de ne pas réduire en clichés balourds les différences d’âge, de conditions sociales, ou de sexes, et Fanny Ardant, du haut de ses 64 ans, nous mène avec classe et malice, sur ce parcours déroutant.

Oui, j’ai ri et aimé ces subtils clins d’œil de la vie, jamais dans le jugement, un tout petit peu dans le questionnement… laissé sans réponse 😉

Et si, quelque part, la vie nous échappait et qu’il faille la prendre avec légèreté et jouissance ?

L’intelligence du coeur nous épargne crêpage de chignons et portes qui claquent, alors que le film tourne autour de l’adultère, et relève le niveau des scènes classiques si souvent resservies à propos de ce thème.

Il y a des gens…heureux qui composent avec les beaux jours de la vie.

Et puis, j’ai préféré quitter les salles obscures, alors que j’avais un troisième film en vue, pour improviser au soleil un moment de convivialité estivale avec mes voisins et amis, c’est ça aussi la vie 🙂

Bien à vous,

Isabelle

 

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