I am going to the college - Crédit photo izart.fr
I am going to the college - Crédit photo izart.fr

« I am going to the college »

24/06/2021 Bonjour à toutes et à tous,

I am going to the college, c’est la formule que répondent tous les enfants indiens à leurs parents pour… avoir la paix !

L. m’a raconté cela au cours du dîner auquel nous avait convié Z. avant son départ pour l’Allemagne.

En effet, rien n’est plus important en Inde, pour les parents, que leurs enfants fassent des études supérieures.

Pour cela, ils vont payer des écoles privées mais qui ne sont quand même pas si chères, précise ma jeune amie.

Et elles valent bien mieux que les écoles publiques d’où tu ressors à peu près aussi savant qu’un singe, selon la description de L.

Tous ces jeunes gens et toutes ces jeunes filles ressortent donc de l’école sans avoir jamais ni cuisiné ni fait aucun brin de ménage à la maison.

Les deux sexes se trouvent au moins à pied d’égalité, match nul des deux côtés !

Je m’étonnais aussi qu’à chaque fois des jeunes filles de 23 ans me disent je regarde sur internet pour apprendre à cuisiner.

Et moi, à chaque fois je m’étonnais encore plus qu’aucune n’ait appris auprès de sa mère ou accessoirement son père.

Toutes m’expliquèrent alors que leurs parents ne voulaient pas du tout qu’elle se mêlent des tâches ménagères, mais consacrent tout leur temps à étudier.

Voilà donc comment un jour ces architecte ou ingénieure chimiste n’auront jamais manipulé une seule casserole de leur vie !

Preuve en est s’il fallait, qu’il vaut mieux décrocher un boulot de col blanc, en opposition au col bleu.

Et là je découvre que nous ayons la même expression en français et en anglais pour désigner un emploi de cadre supérieur !

J’ai une autre connaissance qui se dit passionnée de cuisine.

Et de m’expliquer, photos à l’appui, qu’elle a plein de façons d’utiliser les restes, par exemple ceux de riz… sans blague !

Mais soudain, je m’épate d’avoir rencontré plus optu que moi-même quand j’y mets toute la mauvaise foi possible, dans la conversation qui s’ensuit.

Notre troisième convive qui a jadis exercé comme architecte ne comprend pas que des indiens, ici, puissent être payés à passer la journée assis sur une chaise.

Malgré toutes mes tentatives pour lui expliquer comme on dit en France qu’il n’y a pas de sots métiers mais que de sottes gens, il ne comprend pas.

C’est le jugement d’autrui qui qualifie l’emploi d’utile ou d’inutile.

Ramenant inlassablement les choses à lui, il dit en boucle, mais moi je ne pourrai pas

J’aurai pourtant essayé, en vain, de lui faire comprendre que pour l’immense majorité des personnes employées, le plus important c’est la paye qui tombe à la fin du mois.

Peu importe le boulot, parfois il n’y a pas de place pour avoir des états d’âmes.

Je parle en connaissance de cause, on appelle ça faire de l’alimentaire.

Et sans doute que le monsieur âgé qui passe la journée le cul collé sur sa chaise, il est content de pouvoir payer son loyer tous les mois.

Ben oui, tout simplement parce que la retraite ça n’existe pas en Inde, ni la couverture maladie ni d’ailleurs aucune couverture sociale.

Vous avez donc sérieusement intérêt à avoir pu economiser et à vieillir en bonne santé.

Sinon c’est l’assurance de travailler jusqu’à ce que sonne l’heure de votre mort…

Bien à vous,

Isabelle

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